Courtage : les questions à poser à votre éditeur avant de signer
Un guide d’audit pour dirigeants de sociétés de courtage : onze questions sur le périmètre, l’exécution, la marque blanche, les paiements, le KYC et le contrat.
Par Rédaction QUANTIX7 min de lecture
Les démonstrations de plateformes de courtage sont presque toujours convaincantes. Une démo montre le produit dans ses meilleures conditions ; un contrat vous engage pour tous les autres jours.
Ces questions s’adressent à celui qui signera : fondateur, propriétaire ou dirigeant opérationnel. Pour chacune, nous disons pourquoi elle compte, à quoi ressemble une bonne réponse et ce qui doit vous faire ralentir.
Posez-les par écrit autant que possible et conservez les réponses.
Périmètre : ce qui est réellement une seule plateforme
1. Quelles briques sont conçues ensemble, lesquelles sont intégrées ?
« Solution complète » peut désigner un produit unique ou quatre produits reliés par du travail d’intégration. Demandez la liste : terminal de trading, back-office, espace client, paiements, administration. Pour chacune, demandez si elle partage la base de données et l’authentification des autres, ou se synchronise avec elles.
Pourquoi c’est important : chaque synchronisation est un endroit où une fiche client peut arriver en retard ou fausse, et où deux fournisseurs peuvent se renvoyer la responsabilité.
Une bonne réponse nomme les composants, distingue ce qui est développé par l’éditeur de ce qui vient d’un tiers, et décrit précisément ce qui se passe à chaque frontière.
Signaux d’alerte : « tout est connecté », sans schéma ni composants nommés.
Exécution : ce que l’éditeur doit dire sans détour
2. Qui est la contrepartie : votre société ou un tiers ?
Demandez si l’exécution est « dealer-based » (en contrepartie), ou routée vers un bridge, un ECN ou une bourse. Ce sont deux modèles distincts, aux conséquences différentes en matière de risque, de capital et de réglementation.
- En contrepartie (dealer-based) : votre société de courtage est la contrepartie des trades de ses clients.
- Bridge ou ECN : les ordres sont routés vers des fournisseurs de liquidité ou une plateforme d’échange.
Une bonne réponse énonce le modèle en une phrase, puis explique ce que fait le logiciel et ce que vous devez organiser vous-même : relations de liquidité, limites de risque, couverture.
Signaux d’alerte : une réponse qui brouille les deux modèles, ou un discours commercial qui suggère une exécution de type bourse alors que le modèle est en contrepartie.
Profondeur de la marque blanche
3. Qu’est-ce qui se personnalise par marque, et comment ?
Changer le logo, c’est habiller l’interface. Une vraie marque blanche couvre aussi votre domaine, les certificats, les couleurs, les icônes, les contacts du support et le thème par défaut.
Demandez si votre administrateur peut modifier ces éléments seul, ou s’il faut une livraison de l’éditeur, et si vous pouvez gérer plusieurs marques.
Une bonne réponse sépare ce que vous réglez vous-même de ce que l’éditeur fait sur demande, et explique comment les certificats sont émis et renouvelés.
Signaux d’alerte : le nom de l’éditeur visible par vos clients dans la barre d’adresse, l’écran de connexion ou les e-mails.
Données de marché et instruments
4. Quels instruments et flux sont actifs par défaut, et lesquels dépendent d’une offre ?
« Forex, actions, indices, matières premières, crypto » sur une page de fonctionnalités ne dit pas ce qu’un client pourra négocier demain. La couverture dépend généralement du fournisseur de données et de l’offre souscrite.
Une bonne réponse indique ce qui fonctionne d’emblée, ce qui requiert un abonnement de données, qui le paie et qui signe le contrat.
Signaux d’alerte : des promesses de couverture générale, et personne pour nommer la source des données.
Paiements
5. Quels prestataires de paiement sont réellement intégrés, et qui détient les contrats ?
Il y a un monde entre « prend en charge les passerelles de paiement » et « dispose d’une intégration opérationnelle avec ce prestataire ». Demandez à voir un dépôt réel via chaque prestataire prévu. Demandez ensuite :
- qui signe le contrat commerçant (ce devrait être vous) ;
- ce que deviennent les fonds pendant leur transit.
Une bonne réponse nomme les prestataires qui fonctionnent aujourd’hui et dit sans ambiguïté que les autres ne sont pas intégrés. À titre d’exemple, QUANTIX intègre PayMesh, PGPay, CoinGate et Transak.
Signaux d’alerte : un mur de logos sans statut d’intégration, ou un prestataire dont dépend votre plan, promis mais pas encore en service.
Outils de KYC et de conformité
6. Que fait le logiciel, et que ne fait-il pas ?
Une file KYC, le stockage des documents et un circuit de validation aident votre équipe conformité à travailler. Ils ne vous rendent pas conforme, et un logiciel ne confère pas de licence. Méfiez-vous de tout éditeur qui laisse entendre le contraire.
Une bonne réponse décrit les outils (file de revue, statuts, gestion des documents, qui peut valider) et précise que la licence et la situation réglementaire relèvent de vous.
Signaux d’alerte : « plateforme conforme à la réglementation », « licence incluse » ou « nous gérons la conformité pour vous ».
Rôles, permissions et audit
7. Quelle est la finesse des permissions, et que consigne-t-on ?
Une société de courtage détient des données sensibles, et ses équipes changent. Demandez si l’on peut restreindre un rôle par module, par action et par périmètre de données visibles.
Demandez ensuite ce que consigne la piste d’audit :
- qui a modifié un spread ;
- qui a validé un retrait ;
- qui a exporté une liste de clients.
Une bonne réponse montre le modèle de permissions à l’écran et vous laisse lire une entrée réelle de la piste d’audit.
Signaux d’alerte : quelques rôles figés, ou une piste d’audit limitée aux connexions.
Langues et écriture de droite à gauche
8. L’arabe est-il une interface en miroir, ou du texte traduit dans une mise en page de gauche à droite ?
Pour un public arabophone, ce n’est pas cosmétique. Une interface réellement en miroir inverse la navigation, les tableaux, les formulaires et les icônes. Elle gère aussi les textes mêlant arabe et alphabet latin, comme les codes d’instruments.
Vérifiez le back-office autant que l’espace client : vos équipes y passent leurs journées.
Une bonne réponse montre les deux interfaces en arabe et indique ce qui, le cas échéant, reste en anglais seulement.
Signaux d’alerte : une capture d’écran de l’espace client uniquement.
Hébergement, niveaux de service et support
9. Que prévoit le contrat ?
Un pourcentage de disponibilité affiché sur un site est facile à imprimer et difficile à faire respecter. Demandez que le contrat précise :
- les niveaux de service et leur mode de mesure ;
- le recours en cas de manquement ;
- les horaires du support et le circuit d’escalade ;
- la façon dont vous êtes informé des incidents.
Une bonne réponse distingue l’engagement contractuel de l’objectif, et l’éditeur en discute sans gêne.
Signaux d’alerte : un chiffre de disponibilité en vitrine qui n’apparaît nulle part dans l’accord.
Intégrations et développements spécifiques
10. Qu’est-ce qui existe aujourd’hui, et qu’est-ce qui est promis ?
Tout éditeur a des projets d’évolution. Votre question : quels besoins existent déjà dans le produit, lesquels relèvent d’un développement sur mesure, et lesquels ne sont que des intentions ?
Demandez comment le développement spécifique est cadré, à qui appartient le résultat, et comment il est chiffré puis maintenu après livraison.
Une bonne réponse vous remet trois listes : ce qui existe, ce qui sera réalisé comme projet cadré, ce qui n’est pas proposé. Et elle isole le sur-mesure dans un périmètre de travail distinct.
Signaux d’alerte : un « oui, on peut faire ça » lancé en réunion, sans rien d’écrit.
Modèle commercial
11. Qu’inclut l’abonnement, et qu’est-ce qui est facturé à part ?
Demandez un détail écrit :
- droit d’utilisation de la plateforme ;
- nombre de marques ou d’utilisateurs ;
- hébergement et support ;
- flux de données ;
- frais de paiement ;
- travaux sur le site et personnalisation.
Demandez ensuite ce que deviennent vos données et votre domaine si vous partez, et comment vous les exportez.
Une bonne réponse est une liste claire, avec des conditions de sortie lisibles.
Signaux d’alerte : un prix d’entrée bas, avec des éléments essentiels vendus plus tard.
Comment se servir de cette liste
N’attendez pas une réponse parfaite à chaque question. Cherchez les éditeurs qui disent « non » et « pas encore » sans gêne : c’est une raison de croire le reste. Un « oui » assuré mais sans fondement coûte plus cher.
Si vous souhaitez nous soumettre ces questions, la page Plateforme décrit ce que couvre QUANTIX, et une démonstration privée est un bon moment pour poser les autres.